Avec une température inférieure de 4 degrés par rapport à hier Johann a choisi le pneu dur. Le feu rouge s'éteint et c'est le départ, aucune place de gagnée au premier freinage et Raoul Fernandez en profite, Johann est 12ème.
Suite à l'erreur de Vinales il récupère une place. Le rythme est identique pour tous les pilotes ce qui fait ressembler ce début de course à une course de moto3.
C'est la bagarre à tous les étages les pilotes se passent et se repassent, la bataille entre Fabio Quartararo et Raoul Fernandez tourne à l'avantage de Johann qui gagne une place. Le voilà derrière son compatriote, mais une erreur dans le 7ème tour lui fait perdre 2 places.

Malheureusement Johann commet une nouvelle erreur et le voilà maintenant 17ème puis 16ème instantanément. L’écart avec les hommes de tête est maintenant supérieur à 6 secondes et le rythme de course est inférieur de 3/10 aux hommes de tête.
Bientôt le cap de la mi-course, Johann est toujours 15ème à 8 secondes de la tête. La chute d'Alex Marquez et le dépassement sur Franco Morbidelli permet à Johann de gagner 2 places mais l'écart avec le 12ème se maintient à plus d'une seconde.
En alignant des chronos plus rapides que les trois pilotes qui mènent cette course, Johann réduit cet écart à moins d'une seconde.
À 6 tours de la fin Johann dépasse Raoul Fernandez pour le gain de la 12ème place. Plus que quatre tours et Johann gagne deux places grâce au dépassement de Joan Mir et au problème technique de Maverick Vinales. Johann entre dans le Top 10 mais à plus de 2 secondes du 9ème ce qui rend cette place impossible d'accès.
C'est donc à cette dixième place que Johann termine le Grand Prix. Il occupe toujours la 6ème place du classement général du championnat du monde. Rendez-vous dans 15 jours en Malaisie sur le circuit International de Sepang.

Commentaire :

"Bonne course, bon rythme dommage d'avoir fait 2 petites erreurs qui m'ont coûté très cher. C'était compliqué, tout le monde roulait très vite en 1’31, difficile de jouer avec les aspi, au freinage, il fallait pas grand-chose pour faire des erreurs... Le problème c'est que dès que je m'écarte un peu, je perds trop de temps, je n'arrive pas à revenir dans le virage et c'est ça qui m'empêche d'être à l'aise dans le groupe. C'est mon style depuis maintenant longtemps et je n'y arrive pas, je ne trouve pas de solution pour y remédier. On essaie pourtant de bien régler la moto pendant le weekend une fois en situation de course ça ne marche pas toujours.  Quand on est en  bagarre, parfois les gars de devant tentent des choses et ressortent du virage normalement et bien moi, si je fais ça, à chaque fois j’ai perdu 3 ou 4 places. Là je l'ai fait deux fois et ça m'a coûté cher. 
Ceci dit le rythme était bon et j'ai pu remonter un peu. Je suis content de terminer 10ème  ça reste honorable. Franchement sans ces erreurs je pouvais faire 5 ou 6 avec Fabio ou Aleix. D’ailleurs j'ai entendu qu'il a eu 3 secondes de pénalité pour la pression de ses pneus ce qui fait qu’au niveau du championnat il prend un peu moins d'avance. Ça m'arrange mais ça ne me permet pas de passer devant lui.
Je suis quand même content de la course, je l'ai bien vécue mais je suis toujours embêté par ce style qui ne m'aide pas. Je freine moins fort, enfin ce n'est pas vraiment freiner moins fort mais c'est ma façon de faire plonger la moto dans le virage. J'ai besoin de la faire pivoter avant et du coup je ralentis un petit peu plus parce que si je rentre plus vite pour dépasser quelqu'un par exemple, je rate le virage. Même si j'essaie de corriger ça, ça ne fonctionne pas, c'est peut-être un blocage sur la Ducati, ça serait dommage mais ça me gêne en tout cas.
Après la victoire en l'Australie, avoir un weekend difficile comme celui-là, finalement je le vis bien. Le moment le plus frustrant c'était la 19ème place du vendredi matin. Après sur ce circuit il y a tellement peu d'écart entre les 18 où 19 premiers que ça n'avait pas beaucoup d'importance. Ce qui me coûte cher c'est la qualif en 4ème ligne. Avec mon style qui ne me permet pas de bien me placer au freinage, quand je suis derrière quelqu'un je suis obligé de faire le yoyo et du coup les autres arrivent à passer et ça, ça me fait perdre du rythme.
En partant de la deuxième ligne, si j'arrive à accrocher le wagon qui va un dixième plus vite, c'est pas la même histoire et quand j'ai accroché le bon wagon et que je suis en bagarre je peux trouver un avantage sur la fin. Là le peu d'avantages que j'avais à partir de 15 tours m'a servi à revenir de 15ème à 10ème alors que si je suis 6ème ou 5ème je m'en détache pour faire 4ème. C'est cette qualification qui, comme durant toute cette année, me coûte très cher.
Maintenant je vais profiter de la semaine à Kuala Lumpur, je ne rentre pas en France, je vais bien me reposer pour le prochain Grand Prix en Malaisie sur le circuit de Sepang.
"